Le décalage entre la politique de la Fed et la stratégie de la BCE se profile comme le principal moteur de l’euro en 2026. Alors que la Réserve fédérale a déjà effectué trois baisses de taux et se prépare à poursuivre son assouplissement, la Banque centrale européenne reste ancrée à 2,15 % — créant un écart de politique qui doit être surveillé de près par les traders.
La posture de “Maintien” de la BCE : Inflation et croissance en équilibre délicat
La BCE a maintenu ses taux à 2,15 % en juillet et n’a pas bougé depuis. La présidente Christine Lagarde a récemment déclaré que la politique est dans une « bonne position », signalant qu’il n’y a pas d’urgence à agir. La logique est simple : l’inflation dans la zone euro a augmenté à 2,2 % en glissement annuel en novembre, restant au-dessus de l’objectif de 2,0 %, avec l’inflation des services — la composante tenace — atteignant 3,5 %. C’est une raison suffisante pour suspendre les baisses.
Concernant la croissance, le tableau est mitigé. Le PIB de la zone euro a augmenté de seulement 0,2 % au T3, bien que certaines régions aient montré de la résilience (l’Espagne à 0,6 %, la France à 0,5 %). La Commission européenne prévoit une croissance de 1,3 % pour 2025, puis de 1,2 % en 2026 — une révision à la baisse subtile qui laisse présager des vents contraires à venir. Le secteur automobile allemand, secoué par la transition vers l’électrique et les perturbations d’approvisionnement, a vu sa production chuter de 5 %. Les frictions commerciales ajoutent une couche supplémentaire de risque, avec l’approche de réciprocité tarifaire de l’administration Trump pouvant impacter les exportations de l’UE d’environ 3 %.
Le consensus du marché s’aligne sur la prudence de la BCE : un sondage Reuters montre que la majorité des économistes s’attendent à ce que les taux restent inchangés jusqu’en 2026 et 2027, avec des prévisions pour 2027 variant largement entre 1,5 % et 2,5 %.
Le cycle de baisse de la Fed : Plus d’assouplissement à l’horizon
Comparez cela à la trajectoire de la Fed. Trois baisses en 2025 ont surpris à la hausse, ramenant le taux des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %. La question est maintenant de savoir si 2026 apportera la même dynamique.
Les dynamiques politiques comptent ici. Le mandat de Jerome Powell expire en mai 2026, et l’administration entrante a montré une volonté d’accélérer l’assouplissement. Trump a publiquement critiqué Powell pour sa prudence excessive et a laissé entendre que son successeur adopterait une position plus dovish. Les grands prévisionnistes anticipent la poursuite du pivot : Goldman Sachs et Morgan Stanley prévoient deux baisses en 2026 (visant 3,00 %–3,25 %), tandis que Nomura prévoit des baisses en juin et septembre.
La logique n’est pas une euphorie économique. L’économie fonctionne dans ce que Moody’s Analytics qualifie de « équilibre délicat » — ni en plein boom, ni en crise. Cette inertie structurelle donne à la Fed la marge de manœuvre pour réduire les taux sans craindre de raviver l’inflation.
Le croisement EUR/USD : Deux voies possibles
Les implications monétaires se résument à une question : comment les marchés valoriseront un écart de taux qui se réduit ?
Scénario Un : La BCE Maintient, la Fed Continue à Baisser
Si l’Europe évite un effondrement de la croissance et que l’inflation reste maîtrisée, la BCE reste en pause pendant que la Fed effectue deux baisses. L’écart de rendement se réduit, et l’EUR/USD pourrait tester 1,20 ou plus. UBS Global Wealth Management (le CIO EMEA Themis Themistocleous) penche dans cette direction, visant 1,20 d’ici mi-2026, car l’écart plus étroit soutient l’euro.
Scénario Deux : L’Europe trébuche, la BCE réduit en mode défensif
Si la croissance de la zone euro déçoit en dessous de 1,3 % et que les chocs commerciaux s’accélèrent, la BCE pourrait passer en mode de soutien avec ses propres baisses. Ce double coup — baisses de la Fed suivies de baisses de la BCE — pourrait maintenir l’écart de taux large, pesant sur l’euro. Citi prévoit cette issue, avec une chute de l’EUR/USD à 1,10 d’ici le T3 2026 (environ 6 % en dessous des niveaux actuels autour de 1,1650), en pensant que la croissance américaine repartira à la hausse alors que la Fed réduira moins que prévu.
Entre ces deux pôles, se trouve un scénario de base : une modeste détente de la Fed, la patience de la BCE, et une oscillation de l’EUR/USD entre 1,13 et 1,20, avec des niveaux de support et de résistance.
Ce que cela signifie pour les traders
La configuration de 2026 reflète la dynamique des devises ailleurs. Lorsqu’on compare les mouvements transfrontaliers — par exemple, dans des scénarios où le USD/CAD à 570 ou d’autres principales paires connaissent des variations similaires liées aux taux — le principe reste le même : les différentiels de rendement et les narratifs de croissance orientent les allocations. Pour l’EUR/USD, cela signifie surveiller de près les données PMI de la zone euro, les projections d’inflation de la BCE, et les signaux des réunions de la Fed. La reprise de l’euro en 2025 pourrait n’être qu’un échauffement ; le vrai test viendra lorsque la divergence de politique se cristallisera dans la première moitié de 2026.
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Perspectives sur la devise 2026 : Le gap EUR/USD va-t-il se réduire ou s'élargir ?
Le décalage entre la politique de la Fed et la stratégie de la BCE se profile comme le principal moteur de l’euro en 2026. Alors que la Réserve fédérale a déjà effectué trois baisses de taux et se prépare à poursuivre son assouplissement, la Banque centrale européenne reste ancrée à 2,15 % — créant un écart de politique qui doit être surveillé de près par les traders.
La posture de “Maintien” de la BCE : Inflation et croissance en équilibre délicat
La BCE a maintenu ses taux à 2,15 % en juillet et n’a pas bougé depuis. La présidente Christine Lagarde a récemment déclaré que la politique est dans une « bonne position », signalant qu’il n’y a pas d’urgence à agir. La logique est simple : l’inflation dans la zone euro a augmenté à 2,2 % en glissement annuel en novembre, restant au-dessus de l’objectif de 2,0 %, avec l’inflation des services — la composante tenace — atteignant 3,5 %. C’est une raison suffisante pour suspendre les baisses.
Concernant la croissance, le tableau est mitigé. Le PIB de la zone euro a augmenté de seulement 0,2 % au T3, bien que certaines régions aient montré de la résilience (l’Espagne à 0,6 %, la France à 0,5 %). La Commission européenne prévoit une croissance de 1,3 % pour 2025, puis de 1,2 % en 2026 — une révision à la baisse subtile qui laisse présager des vents contraires à venir. Le secteur automobile allemand, secoué par la transition vers l’électrique et les perturbations d’approvisionnement, a vu sa production chuter de 5 %. Les frictions commerciales ajoutent une couche supplémentaire de risque, avec l’approche de réciprocité tarifaire de l’administration Trump pouvant impacter les exportations de l’UE d’environ 3 %.
Le consensus du marché s’aligne sur la prudence de la BCE : un sondage Reuters montre que la majorité des économistes s’attendent à ce que les taux restent inchangés jusqu’en 2026 et 2027, avec des prévisions pour 2027 variant largement entre 1,5 % et 2,5 %.
Le cycle de baisse de la Fed : Plus d’assouplissement à l’horizon
Comparez cela à la trajectoire de la Fed. Trois baisses en 2025 ont surpris à la hausse, ramenant le taux des fonds fédéraux à 3,5 %–3,75 %. La question est maintenant de savoir si 2026 apportera la même dynamique.
Les dynamiques politiques comptent ici. Le mandat de Jerome Powell expire en mai 2026, et l’administration entrante a montré une volonté d’accélérer l’assouplissement. Trump a publiquement critiqué Powell pour sa prudence excessive et a laissé entendre que son successeur adopterait une position plus dovish. Les grands prévisionnistes anticipent la poursuite du pivot : Goldman Sachs et Morgan Stanley prévoient deux baisses en 2026 (visant 3,00 %–3,25 %), tandis que Nomura prévoit des baisses en juin et septembre.
La logique n’est pas une euphorie économique. L’économie fonctionne dans ce que Moody’s Analytics qualifie de « équilibre délicat » — ni en plein boom, ni en crise. Cette inertie structurelle donne à la Fed la marge de manœuvre pour réduire les taux sans craindre de raviver l’inflation.
Le croisement EUR/USD : Deux voies possibles
Les implications monétaires se résument à une question : comment les marchés valoriseront un écart de taux qui se réduit ?
Scénario Un : La BCE Maintient, la Fed Continue à Baisser Si l’Europe évite un effondrement de la croissance et que l’inflation reste maîtrisée, la BCE reste en pause pendant que la Fed effectue deux baisses. L’écart de rendement se réduit, et l’EUR/USD pourrait tester 1,20 ou plus. UBS Global Wealth Management (le CIO EMEA Themis Themistocleous) penche dans cette direction, visant 1,20 d’ici mi-2026, car l’écart plus étroit soutient l’euro.
Scénario Deux : L’Europe trébuche, la BCE réduit en mode défensif Si la croissance de la zone euro déçoit en dessous de 1,3 % et que les chocs commerciaux s’accélèrent, la BCE pourrait passer en mode de soutien avec ses propres baisses. Ce double coup — baisses de la Fed suivies de baisses de la BCE — pourrait maintenir l’écart de taux large, pesant sur l’euro. Citi prévoit cette issue, avec une chute de l’EUR/USD à 1,10 d’ici le T3 2026 (environ 6 % en dessous des niveaux actuels autour de 1,1650), en pensant que la croissance américaine repartira à la hausse alors que la Fed réduira moins que prévu.
Entre ces deux pôles, se trouve un scénario de base : une modeste détente de la Fed, la patience de la BCE, et une oscillation de l’EUR/USD entre 1,13 et 1,20, avec des niveaux de support et de résistance.
Ce que cela signifie pour les traders
La configuration de 2026 reflète la dynamique des devises ailleurs. Lorsqu’on compare les mouvements transfrontaliers — par exemple, dans des scénarios où le USD/CAD à 570 ou d’autres principales paires connaissent des variations similaires liées aux taux — le principe reste le même : les différentiels de rendement et les narratifs de croissance orientent les allocations. Pour l’EUR/USD, cela signifie surveiller de près les données PMI de la zone euro, les projections d’inflation de la BCE, et les signaux des réunions de la Fed. La reprise de l’euro en 2025 pourrait n’être qu’un échauffement ; le vrai test viendra lorsque la divergence de politique se cristallisera dans la première moitié de 2026.