Définition de la récession : Ce qui se cache derrière l'effondrement économique et comment l'Allemagne lutte contre cela

Partout dans les médias, on discute : l’Europe glisse-t-elle vers une crise économique ? L’Allemagne, en particulier, se débat depuis des mois avec la question de savoir si une récession est déjà une réalité ou si ce n’est qu’un mauvais fantôme qui se profile à l’horizon. Certains économistes mettent en garde contre un effondrement imminent, tandis que les optimistes évoquent la hausse des cours boursiers et des bénéfices record des entreprises. Mais qu’est-ce qui se cache réellement derrière ce terme redouté – et concerne-t-il vraiment l’Allemagne ?

Définition de la récession : Comprendre la réalité économique

En résumé, une récession désigne une baisse massive et généralisée de l’activité économique sur une période prolongée. La définition standard est : deux trimestres consécutifs avec un produit intérieur brut (PIB() en baisse sont considérés comme une récession.

Une économie en bonne santé croît de façon continue. Si cette croissance s’interrompt ou même se contracte pendant deux trimestres consécutifs, cela indique de graves problèmes. Cependant, l’Allemagne utilise une mesure alternative : le potentiel de production. Il s’agit de calculer la performance économique maximale possible si toutes les ressources et tous les employés étaient utilisés de manière optimale. Si les chiffres réels sont nettement inférieurs à cette valeur théorique, et que cet écart se creuse, on parle alors de récession.

Pourquoi surviennent les ralentissements économiques ? Analyse des principaux déclencheurs

Les causes des reculs économiques sont variées et pas toujours prévisibles. Alors que les phases de croissance mènent naturellement à des ralentissements, il existe aussi des facteurs externes qui déclenchent ou accélèrent ce processus.

Inflation galopante et hausse des taux d’intérêt comme freins

Lorsque les prix s’envolent, les banques centrales réagissent par une stratégie classique : elles augmentent les taux directeurs. Cela rend l’emprunt d’argent plus coûteux et ralentit l’économie – un effet voulu pour maîtriser la dépréciation de la monnaie. Mais cette logique se retourne souvent contre elles : des taux plus élevés entraînent moins d’investissements, les licenciements augmentent, les consommateurs économisent davantage. Les entreprises doivent réduire leurs capacités et supprimer des emplois.

Le scénario classique de l’offre excédentaire

En période de prospérité, les entreprises augmentent leur production pour répondre à une demande croissante. Mais à un moment donné, la saturation intervient : la consommation diminue, les stocks s’accumulent, les prix chutent. Les entreprises doivent réduire leur production et supprimer des postes, tandis que les travailleurs perdent du pouvoir d’achat – un cercle vicieux se met en place.

L’incertitude paralyse investissements et consommation

Les crises géopolitiques, pandémies ou guerres créent un climat d’incertitude. Entreprises et particuliers gardent leur argent, évitent de dépenser. Les investissements stagnent, les dépenses diminuent, et la spirale de l’activité économique s’enlise.

Crises énergétiques comme frein à l’économie

L’énergie est l’élixir vital de toute économie. Si les prix du pétrole et du gaz montent soudainement – par exemple à cause de tensions géopolitiques – cela frappe durement les pays importateurs. L’Allemagne, dépendante des importations de matières premières, ressent immédiatement et fortement ces hausses de prix.

Bulles spéculatives et leur éclatement

Parfois, des bulles artificielles se forment par la spéculation et une confiance aveugle des consommateurs. Les investisseurs sautent dans le train, achètent massivement. À un moment donné, des esprits avisés commencent à vendre – et la bulle implose. Cela s’est produit en 2000 lors du krach des dotcom et en 2008 lors de la crise immobilière.

La crise immobilière de 2008 illustre particulièrement le potentiel destructeur : les banques distribuaient des hypothèques à des emprunteurs qui ne pouvaient pas se les permettre. Ces crédits subprimes étaient regroupés et revendus. Lorsque les taux de défaut ont explosé, les institutions financières ont été mises en danger. Le marché immobilier s’est effondré, les expulsions se sont multipliées, les marchés boursiers ont chuté. Les licenciements massifs et le resserrement du crédit ont accéléré l’effondrement économique mondial.

L’Allemagne face à la récession : chiffres et faits

Venons-en à la situation allemande. Selon la définition de la récession, l’Allemagne devrait être en mode crise – et c’est bien le cas. L’évolution du PIB en 2023 montre : légères hausses au T1, stagnation aux T2 et T3, T4 clairement négatif. L’institut économique ifo prévoit pour le T1 2024 une nouvelle baisse de 0,1 %.

Cela correspond à la définition classique de la récession : deux trimestres consécutifs avec un PIB en recul. Fait remarquable : l’Allemagne, la plus grande économie d’Europe et historiquement un modèle de stabilité, se trouve dans une véritable crise.

Pourquoi l’économie allemande s’effondre-t-elle ?

Plusieurs facteurs convergent comme une tempête parfaite :

Le secteur de la construction en chute libre : La construction résidentielle allemande s’effondre comme en 1999 pour la dernière fois. L’indice des directeurs d’achat (HCOB) pour le secteur de la construction a atteint en octobre 2023 un creux de trois ans. Les hausses de taux de la BCE ont rendu les projets de construction non rentables – beaucoup sont reportés ou annulés.

Crise énergétique liée à la guerre en Ukraine : Les tensions géopolitiques aux frontières de la Russie impactent directement les prix de l’énergie en Allemagne. Bien que le gouvernement mette en place des mesures d’aide pour l’industrie, la solution à long terme reste ouverte. Les consommateurs et les entreprises souffrent de la flambée des coûts de chauffage et d’électricité.

Les consommateurs en mode épargne : Des factures d’énergie plus élevées, des coûts de vie en hausse et une incertitude générale poussent les gens à dépenser moins. Avec la demande en baisse, la consommation s’effondre – un moteur essentiel de l’économie globale.

Prudence plutôt qu’investissements : Les entreprises, en Allemagne comme à l’étranger, réduisent leurs dépenses lorsque la situation est incertaine. Ce manque d’appétit pour l’investissement freine encore plus la croissance économique.

Que signifie la récession pour le citoyen ?

La crise économique ne se limite pas à des graphiques – elle modifie la vie de millions de personnes.

Le marché du travail sous pression

L’effet classique de la récession : la hausse du chômage. Les entreprises réduisent leurs bénéfices en licenciant. Plus il y a de chômeurs, plus il est difficile pour les demandeurs d’emploi de retrouver rapidement un emploi. Les employeurs imposent des salaires plus bas, moins de prestations sociales, des conditions plus strictes – primes et augmentations disparaissent. Même les horaires flexibles ou le télétravail deviennent soudain un luxe.

Le pouvoir d’achat qui se réduit drastiquement

Même en conservant leur emploi, les gens perdent : des salaires réels stagnants ou en baisse face à des prix en hausse. L’inflation grignote les économies, la situation devient plus tendue.

Les crédits deviennent rares

Les banques deviennent plus prudentes en période d’incertitude économique. Elles vérifient plus strictement la solvabilité, exigent des taux de remboursement plus élevés. Les personnes avec un revenu stable ont plus de difficulté à obtenir des prêts avantageux. Les grands achats – immobilier, voitures, meubles – sont repoussés.

La santé mentale qui en pâtit

Les soucis financiers sont de véritables sources de stress. Le bien-être baisse, la peur et l’angoisse dominent le quotidien. Cela a des conséquences non seulement personnelles, mais aussi macroéconomiques, car des personnes découragées dépensent et investissent moins.

Perspectives : comment la situation va-t-elle évoluer ?

Les experts sont pessimistes. Le chef économiste de la Commerzbank, Jörg Krämer, prévoit en 2024 une baisse du PIB de 0,3 %. Le président de l’ifo, Clemens Fuest, parle de perspectives économiques « plutôt modestes ». Un rebond rapide n’est pas en vue.

Pour le citoyen moyen, cela signifie : apprécier son emploi tant qu’il l’a. La formation continue et les sources de revenus supplémentaires deviennent essentielles pour maintenir la stabilité financière. La réduction des dettes doit être une priorité avant que les taux d’intérêt n’augmentent encore.

Conclusion : apprendre à vivre avec la définition de la récession

L’Allemagne est effectivement en récession selon la définition classique – deux trimestres de croissance négative du PIB. Ce n’est pas un artefact statistique, mais une réalité tangible pour des millions de personnes. La hausse des prix de l’énergie, la hausse des taux, l’incertitude géopolitique et la baisse de la volonté d’investir forment la crise parfaite.

Si la récession représente une charge pour une grande partie de la population, elle offre aussi une leçon importante : en période d’incertitude économique, la prudence financière n’est pas du pessimisme, mais de la sagesse. Ceux qui comprennent comment naissent et agissent les récessions peuvent au moins réagir de manière plus consciente – plutôt que de se laisser simplement porter.

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