La Réserve fédérale a publié le procès-verbal de la première réunion du Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) sous la présidence de Kevin Warsh, le 8 juin (heure locale), révélant une évolution délibérée vers une communication moins directive, avec une réduction de la longueur du document et une présentation en deux scénarios de politique. Le procès-verbal de juin comptait 15 pages au format PDF, avec environ 9 pages de texte principal, contre 18 pages en avril sous l’ancien président Jerome Powell, comprenant environ 11 pages de contenu principal. Le refus de Warsh de fournir des signaux politiques précis découle de son opposition déclarée à la communication prospective, principe qu’il a maintenu lors de sa participation le 1er juillet au Forum de Sintra de la Banque centrale européenne. Le procès-verbal reflète une approche de communication qui rend plus difficile la détection d’un consensus interne sur la politique, marquant une rupture avec le cadre de transparence antérieur de la Fed.
La Fed réduit la longueur du procès-verbal du FOMC sous la direction de Warsh
Le procès-verbal de juin, couvrant la réunion des 16 et 17 juin, poursuit la simplification initiée avec la déclaration de juin. Après l’abandon du format « deux pages recto verso » en juillet 2024, les procès-verbaux du FOMC sont restés relativement constants en longueur sous Powell. La réduction à 9 pages de contenu substantiel représente une baisse mesurable par rapport à la norme de 11 pages de texte principal lors des réunions récentes. La structure est restée inchangée, suivant l’ordre : développements des marchés financiers, revue de l’environnement économique et financier par le personnel, projections économiques du personnel, points de vue des participants sur les conditions actuelles et les perspectives, et décisions de politique.
Deux scénarios de politique à poids égal dans le procès-verbal de juin
Le procès-verbal présente deux scénarios, chacun bénéficiant du même poids. Le premier envisage une dissipation des pressions inflationnistes avec un retour de l’inflation vers 2 %. Le second décrit une inflation restant élevée en raison d’une forte demande liée à l’IA, d’un conflit au Moyen-Orient ou d’impacts tarifaires, tandis que les conditions du marché du travail restent stables. Selon le procès-verbal, la majorité des participants soutenaient ces deux scénarios, sans évaluation indiquant lequel était le plus probable. Cette structure contraste avec celle d’avril, où une « majorité » de participants soulignait qu’un « resserrement de la politique » serait probablement approprié si l’inflation persistait au-delà de 2 %.
Suppression de la terminologie de gestion des risques dans le procès-verbal du FOMC
Le procès-verbal de juin a supprimé la section consacrée à la gestion des risques, qui figurait auparavant dans le chapitre « Points de vue des participants sur les conditions actuelles et les perspectives économiques ». Les procès-verbaux antérieurs incluaient systématiquement une discussion sur la manière dont les décideurs réagiraient face à des risques à la hausse ou à la baisse concernant le double mandat de stabilité des prix et d’emploi maximal. Le terme « gestion des risques » n’apparaît plus dans le document de juin. Cette suppression réduit encore l’utilité du procès-verbal pour évaluer les délibérations internes sur la planification de contingences.
Warsh refuse de fournir une projection de taux dans le graphique en points
Le président Warsh n’a pas soumis de projection de taux pour le graphique en points du mois de juin, conformément à son opposition déclarée à la communication prospective. Le graphique en points reste un outil pour afficher les attentes des participants concernant les taux, mais son avenir est incertain. Si le graphique en points venait à être supprimé, il serait plus difficile d’évaluer la répartition des opinions au sein de la Fed, étant donné la présentation en deux scénarios qui évite d’indiquer lequel des points de vue bénéficie du plus de soutien parmi les décideurs.
FAQ
Quels changements la Fed a-t-elle apportés aux procès-verbaux du FOMC sous la présidence de Warsh ?
La Fed a réduit le procès-verbal de juin à 15 pages au total, avec environ 9 pages de texte principal, contre 18 pages et 11 pages de contenu en avril sous Powell. Elle a supprimé la terminologie de gestion des risques et présenté deux scénarios de politique avec un poids égal, plutôt que d’indiquer lequel était le plus soutenu par les participants.
Pourquoi le président Warsh n’a-t-il pas soumis de projection de taux pour le graphique en points ?
Warsh a refusé de soumettre une projection de taux pour le graphique en points du FOMC de juin, en raison de son opposition à la communication prospective. Il a maintenu ce principe lors de sa participation au Forum de Sintra, où il a évité de répondre à des questions pouvant indiquer une orientation politique.
Quels deux scénarios le procès-verbal de juin a-t-il présenté pour l’inflation ?
Le procès-verbal décrit deux scénarios soutenus par « la majorité » des participants : l’un où les pressions inflationnistes se dissipent et l’inflation revient vers 2 %, et l’autre où l’inflation reste élevée en raison d’une forte demande liée à l’IA, d’un conflit au Moyen-Orient ou d’impacts tarifaires, tout en maintenant des conditions du marché du travail stables. Aucun jugement n’a été porté sur la probabilité relative de ces scénarios.